Affichage des articles dont le libellé est Petites histoires. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Petites histoires. Afficher tous les articles

Avalanches

Sa voiture garée, il coupa le contact. Il prit une grande inspiration, détacha sa ceinture de sécurité et sortit. Il se dirigea d'un pas décidé vers la bâtisse qui se tenait devant lui. Il aurait pensé que revenir sur cette base militaire, vingt ans après avoir été démobilisé, lui aurait procuré une quelconque bouffée de nostalgie. Et en fait non. Il ne ressentait que de l'indifférence à la vue de ce bâtiment terne.
Il faut dire que cette endroit avait été conçu pour rendre indifférent. Pour devenir oubliable. Pour que personne ne s'y intéresse. Et, pour l'instant, cela avait réussi. Aucun journaliste, espion étranger ou autre fouille-merde patenté n'avait jusqu'à présent ne serait-ce que tenté de pénétrer en ces lieux.

Poursuite

Il s'arrêta.

Il était parti courir le long des berges, tôt le matin avant de commencer à travailler, comme à son habitude. Nous étions au début de l'été. Bien que le soleil eût été levé, une brume matinale exceptionnellement dense s'accrochait coûte que coûte aux rives du fleuve. 

Équilibre

Ils venaient de quitter la salle du trône, en compagnie du reste des Ghrnis, sorciers rattachés au service de l'Impératrice.
Maël et Frann avaient bien évidemment assisté à la cérémonie. Comme tous leurs frères et sœurs de grimoires.

Ils étaient sortis du château et marchaient côte à côte, en direction du Logis. Ils en avaient pour un petit moment : dix bon kilomètres séparaient la demeure de l'Impératrice de leurs baraquements et il était formellement interdit d'utiliser un quelconque sort dans un rayon de 8,32 kilomètres autour du Palais. Au risque de se faire foudroyer sur le champ par les sorts de protection entourant son Altesse Impériale.
 
Des chariot avaient été affrétés pour que les Ghrnis puisse rentrer chez eux en un temps raisonnable. Cependant, Maël avait préféré la marche à pieds, pour des raisons que Frann ne connaissait que trop bien. Ce dernier l'accompagnait, autant par sollicitude envers son ami que parce qu'il appréciait l'exercice physique.

Connaissance

Ils étaient assis sur un des bancs disposés le long des bords de la cour d'entraînement. Deux ou trois paires d'adversaires s'entraînaient. Ils les observaient en silence.

"Je me demandais, Maître...
- Oui ? Il connaissait déjà la question.
- Pourquoi Maître P. a acquis la réputation d'être le meilleur combattant de notre Cercle alors que la plupart des Maîtres me semble meilleurs que lui ?
Le Maître sourit de toutes ses dents. L'élève se sentit obligé de justifier son propos.
- Je veux dire : du point de vue force physique, il n'est pas impressionnant, loin de là. Puis, il n'est pas spécialement rapide non plus. Et sa technique, quoique excellente, n'est pas non plus hors du commun. La plupart des Maîtres dont vous, Maître, ont une technique tout aussi bonne, voire meilleure. Alors pourquoi cette réputation ?
Le Maître, bien qu'il n'en laissa rien paraître, fût un tantinet déçu par la superficialité des réflexions de son élève. Mais la faute ne revient jamais à l'élève. Elle revient au Maître qui n'a pas su le guider. Il se cala aussi confortablement que possible contre le dossier du banc, ferma les yeux, et profita de la chaleur de ce soleil de fin de matinée.

Super Samsam

Faut que je vous parle de Sam.

C'est un de mes amis les plus proches. On se connaît depuis un paquet de temps. Depuis l'université en vrai. Du haut de ma trentaine tassée, on peut considérer que cette période de ma vie commence à dater.
Et, pendant cette grosse quinzaine d'années, on ne s'est jamais perdu de vue. Fait assez rare pour être souligné.

Outre ce que je viens de vous dire, la raison pour laquelle je tenais à vous parler de lui c'est parce que, au départ, notre amitié ne coulait pas de source. Et je trouve qu'elle en est que plus belle.

Un dimanche

Ils avaient décidé de se réunir chez Maxime. En même temps, c'était ce qui se faisait de plus logique. Lisandre et Romain étaient encore étudiants et se rassembler à quatre dans une chambre de bonne sous les combles au sixième étage d'un immeuble parisien, ce n'était pas ce qui se faisait de plus confortable. Ciri, elle, vivait en colocation et Maxime avait cru comprendre que ses potes avaient organisé une soirée la veille et, bon, pas besoin de faire un dessin, leur appartement n'était clairement pas en état de recevoir du monde en ce dimanche après-midi.
Donc tous chez Maxime. A vrai dire, ça ne le dérangeait pas plus que ça. Il vivait seul dans une maison trop grande pour lui. Ça lui faisait de l'animation pour lui et son chat.
Lisandre et Romain étaient déjà arrivés, on attendait Ciri pour commencer à jouer. Ce n'était clairement pas la première fois qu'elle arrivait en retard. Elle avait visiblement un problème avec les horaires, ce qui avait tendance à agacer Romain, la boule de nerf du groupe. Anxieux et stressé à longueur de temps. Ciri était la MJ en plus, ça n'aurait même pas été possible de commencer sans elle.
Ils étaient donc assis autour de la table et patientaient en relisant leurs fiches de personnage.

En attendant la Godaille

C'est l'histoire d'un poisson. Un saumon métisse pour être précis.
Un oncorhynchus masou masou du côté de son père et un salmo salar du côté de sa mère pour être encore plus précis. Cette double parenté lui a valu d'être la cible de moqueries tout au long de son stade d'alevin. Du type : "Ta mère, c'est tellement une salope qu'elle est partie frayer en eau douce... plusieurs années de suite !". Comme si leurs mères n'avaient pas eu le même comportement. Elles en étaient mortes, très bien, mais elles avaient fait exactement la même chose...
...
Qu'est ce que ça peut être con un saumon quand même.