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Chapitre 7 : Que les hostilités commencent



Nous sommes à l’entrée du col des Trois Pendus. Derrière cette montagne, c’est l’Orst. Et bientôt un champ de ruine. Cela faisait très longtemps que je n’étais pas sortie du palais. Je me rappelle pourquoi je n’aime pas ça. Il y a trop d’espace. Pas assez de mur. On ne voit pas de fin.

 

Je suis allongée dans la neige. Maîtresse aussi. C’est très froid la neige. Ça fait presque mal. Maîtresse observe avec des jumelles longue portée l’autre versant du col. Maîtresse porte un long manteau blanc imperméable qui la garde au sec. Elle a rabattu la capuche sur sa tête. Elle a un pantalon épais. Blanc aussi. Cela lui permet de se camoufler dans la neige. Même si des orstiens regardent dans notre direction, ils ne verraient rien.

 

Moi, on ne me voit pas non plus. On m’a rasé la tête pour que mes cheveux n’attirent pas l’attention. Ma peau est aussi blanche que la neige. Allongée dans la poudreuse, face dirigée vers le sol, je suis aussi invisible que Maîtresse. C’est grâce à ses soins si je peux aujourd’hui l’accompagner. Je lui en suis reconnaissante. Je suis la seule familière qui soit partie avec Maîtresse à la conquête de l’Orst. Je mesure la chance et l’honneur qui m’échoie.

 

Je me remémore ses mots. Pendant qu’elle s’appliquait à me recouvrir d’un mélange d’acide de sa composition afin de rendre ma peau plus blanche que la neige, Maîtresse m’a expliqué pourquoi elle me faisait cette faveur :

 

Chapitre 6 : Vous prévoyez des vacances en Orst prochainement ?

 




Le Berserk n’a rien détruit. Enfin. Le Berserk n’a presque rien détruit.

 

Cela va faire une semaine que nous sommes rentrés en Orst. Nous avons par conséquent eu le temps de faire le point et comprendre enfin ce qui s’était passé après que nous ayons quitté la Nouvelle-Gordéa… un peu précipitamment dirons-nous.

Chapitre 5 : Maîtresse

 

Maîtresse est heureuse. Je le sais parce que j’ai le droit de me lover contre elle. Je ronronne de plaisir. Elle me mord l’oreille. Elle fait tout de même attention de ne pas me l’arracher.

Elle m’a cassé une jambe durant la Croix Enflammée. Cela faisait longtemps que ça n’était pas arrivé.

Nous étions trois familiers pour satisfaire Maîtresse au début de l’acte. Je suis la seule encore consciente. D’où je suis, j’aperçois l’un d’eux. Etendu au sol. Il respire bruyamment. Il a le visage boursoufflé et le nez brisé. L’autre est mort asphyxié par strangulation. Il n’a pas correctement repris son souffle lorsque Maîtresse l’a astreint à la position du Dévouement. Une faute de débutant. Je n’ai aucun respect pour ce genre de familier qui ne sait pas correctement servir Maîtresse.

Chapitre 4 : Dégommons du Golem

 

Cela faisait longtemps que je n’étais pas venu sur le site de l’antique Tafamé. Le Berserk n’a pas bougé. Toujours aussi terrifiant. De manière parfaitement honnête, j’arrive à comprendre pourquoi les gens en ont peur. C’est une statue, certes, mais son réalisme est si prenant qu’il est facile de croire qu’elle peut prendre vie à tout instant1.

Elle mesure exactement 13,856 mètres de haut2. Tout son corps, à l’exception de sa tête, a été façonné de manière à ressembler au corps d’un homme3. Mais pas n’importe quel homme. Nous sommes sur un corps d’une personne qui passe quarante heures à la salle de musculation par semaine et dont le régime alimentaire est à base de stéroïdes. Sa tête, quant à elle, ressemble à celle d’un canidé. Là encore, quand je parle de canidé, je ne pense pas au chihuahua de mamie. Sa tête dégage un mélange intéressant d’intelligence et de noblesse – que l’on associe très souvent aux loups – ainsi que de  folie et de cruauté – plutôt relatives aux hyènes. Le tout est d’un brun clair de terre séchée. La seule touche de couleur vient des deux énormes pierres peintes en rouge sang au niveau de ses yeux. Le résultat est stupéfiant. Ney était un sacré sculpteur.

 

Mais je ne suis pas là pour admirer la vue. Je suis là pour dégommer du Golem.

Chapitre 3 : Je suis Nayna



Maîtresse est très en colère. Elle a frappé plus fort et plus longtemps que d’habitude. Je ne sens plus mon dos. Je vois des étoiles danser devant mes yeux. J’ai glissé dans une de mes propres flaques de sang en marchant derrière Maîtresse. Elle rentre dans sa salle du trône et va s’asseoir sur son trône impérial. Tout en or et immense. Elle a fière allure assise ainsi.

Chapitre 2 : Yongène, pour vous servir


Je retiens à grand peine un bâillement. La légende de Tafamé, tout le monde la connaît.

On a tous lu étant gamins le discours de Ney, on a tous entendu raconter l’histoire funeste de cette ville. Ce discours grandiloquent n’était pas obligatoire.

D’autant plus que sa version de la légende n’est pas des plus captivantes. Mon grand frère en avait une qui filait la chair de poule, où le Berseker poursuivait les petits enfants pour les manger tout crus. Là on écoutait.

Préface et autres

Chers lecteurs,

L'histoire que vous vous apprêtez à lire, je l'ai écrite il y a maintenant 10 ans. Fort de mon fol espoir de jeunesse, j'avais pensé que cette histoire pourrait être un jour publiée. Qu'il serait possible de faire de cette histoire un livre, un vrai. Avec du papier et tout. Mais ce ne fut pas le cas. Pour tout un tas de raisons, la première étant que j'ai abandonné en cours de route. Cependant...

Cependant, Un Monde en paix m'est toujours resté dans un coin de la tête. Il est facile de me jeter des fleurs mais je trouvais, à l'époque, que l'histoire tout autant que le parti pris du côté de la narration étaient originaux et pouvaient plaire à certains.

Aujourd'hui, je vais me relire et me corriger.
La version que je laisserai ici sera donc une version plus aboutie que celle d'il y a 10 ans, pour mon plus grand plaisir. Et oui : pour "mon" plaisir, et non pas le votre. Car ne nous voilons plus la face. Le seul lecteur que je vouvoie ici, c'est moi-même. Personne n'a jamais lu mes histoires. Est-ce que j'en ressens une certaine déception ? Surement. Est-ce que j'en ai réellement quelque chose à faire ? Surement pas.

Aujourd'hui, je vais surtout et finalement statuer.
Est-ce que cette histoire vaut la peine d'être lue ?
Suspens...