Batrachotoxine
Petit blog tenu par une petite grenouille.
Dix-neuf
Esprit - 3/13 - Interrogatoire
On me jeta un seau d’eau glacée au visage. Je revins à moi instantanément.
Il y avait des façons plus agréables de se réveiller mais je ne fis pas la fine bouche. Je me rappelais très bien de mes derniers moments d’éveil dans cette clairière et j’avais une idée très claire du lieu dans lequel je me trouvais en ce moment même. Je bondis sur mes pieds et je m’écriai, plein d’espoir :
« Malva !
Je tournai sur moi-même, à sa recherche. Je me trouvai au centre d’une pièce circulaire. Cinq autres personnes étaient présentes. Quatre étaient alignées debout le long du mur et la dernière courait les rejoindre après m’avoir lancé l’eau au visage. Je reconnus aisément le capitaine de l’escouade et ses deux soldats. Les deux autres personnes présentes, deux hommes portant de longues barbes d’Erudits, me disaient vaguement quelque chose sans que je ne sache vraiment pourquoi. Quoi qu’il en était, aucune de ces personnes n’était Malva. Puis mon cerveau rattrapa mes sens et me fit part de son analyse de la situation. J’étais situé seul au milieu d’une pièce circulaire et le reste des personnes présentes semblaient prendre grand soin de rester près des murs. Je regardai à mes pieds, sachant déjà ce que j’allais y trouver. Un pentacle d’Eosode, gravé à même le sol métallique. Bon. La situation n’était pas à mon avantage. Mais la situation aurait pu être pire. Difficilement, mais ça aurait pu.
Chapitre 8 : Dans le confort d'un bunker
L’armée crynienne est en vue de la capitale. Nous n’avons
strictement rien pu faire. Nos défenses avaient été pourtant bien préparées. Mais
le Cryn les a réduite à néant, et ce à une vitesse vertigineuse. Un fil chauffé
à blanc dans une motte de beurre. Nous n’avons même pas réussi à montrer un
début de résistance.
Je vois deux raisons principales à notre cuisant échec.
La première est notre large infériorité numérique. L’armée
crynienne comprend au moins quatre fois plus de militaires de métier que nos
troupes. En même temps, comme tous les pays de l’Union, notre armée tient[1] plus de la police
municipale qu’autre chose.
La deuxième, c’est qu’on n’a rien vu venir. Je ne sais pas
comment ils se sont débrouillés mais aucun de nos dispositifs défensifs n’a
fonctionné correctement. Ils se sont déplacés sous nos radars, par un tour de
force que je n’explique pas. Nous les avons vus apparaître sur nos écrans alors
qu’ils étaient déjà beaucoup trop avancés dans nos plaines et, le temps de nous
retourner, ils avaient réduit en miette la plupart de nos régiments blindés.
Eléments
Alors c’est ainsi que tout finit,
Rien de vraiment surprenant.
Mais en quoi cela m’interdit,
D’espérer qu’il en soit autrement ?
Il t’aurait suffi d’un mot, d’un geste,
Pour me détourner de mon destin funeste.
Et ce mouvement mille fois répété,
Comment n’ai-je jamais pu le remarquer ?
Déclassé
Esprit - 2/13 - Sauvetage
Le résultat ne se fit pas attendre. Une… deux… trois… Trois. Trois colonnes de lumière se matérialisèrent tour à tour autour de la voiture et de chacune d’entre elles sortit une personne. Un ou une membre de la Confrérie. D’où j’étais, recroquevillé dans l’habitacle de la Fenwri 150 renversée, je ne distinguais que leurs bottes qui s’éloignaient en courant pour se diriger vers l’orée du bois où se trouvaient très probablement les esprits. Ces derniers l’ignoraient sûrement, mais ils n’avaient aucune chance de réchapper vivants d’un affrontement avec des membres de la Confrérie. J’étais sauvé. Mais la partie était malheureusement loin d'être terminée.
Chapitre 7 : Que les hostilités commencent
Nous sommes à l’entrée du col des Trois Pendus. Derrière
cette montagne, c’est l’Orst. Et bientôt un champ de ruine. Cela faisait très
longtemps que je n’étais pas sortie du palais. Je me rappelle pourquoi je
n’aime pas ça. Il y a trop d’espace. Pas assez de mur. On ne voit pas de fin.
Je suis allongée dans la neige. Maîtresse aussi. C’est très
froid la neige. Ça fait presque mal. Maîtresse observe avec des jumelles longue
portée l’autre versant du col. Maîtresse porte un long manteau blanc
imperméable qui la garde au sec. Elle a rabattu la capuche sur sa tête. Elle a
un pantalon épais. Blanc aussi. Cela lui permet de se camoufler dans la neige.
Même si des orstiens regardent dans notre direction, ils ne verraient rien.
Moi, on ne me voit pas non plus. On m’a rasé la tête pour
que mes cheveux n’attirent pas l’attention. Ma peau est aussi blanche que la
neige. Allongée dans la poudreuse, face dirigée vers le sol, je suis aussi
invisible que Maîtresse. C’est grâce à ses soins si je peux aujourd’hui
l’accompagner. Je lui en suis reconnaissante. Je suis la seule familière qui
soit partie avec Maîtresse à la conquête de l’Orst. Je mesure la chance et
l’honneur qui m’échoie.
Je me remémore ses mots. Pendant qu’elle s’appliquait à me
recouvrir d’un mélange d’acide de sa composition afin de rendre ma peau plus
blanche que la neige, Maîtresse m’a expliqué pourquoi elle me faisait cette
faveur :
Avalanches
Esprit - 1/13 - Cavale
Autant le reconnaître : j’étais en mauvaise posture.
Chapitre 6 : Vous prévoyez des vacances en Orst prochainement ?
Le Berserk n’a rien détruit. Enfin. Le Berserk n’a presque rien détruit.
Cela va faire une semaine que nous sommes rentrés en Orst. Nous avons par conséquent eu le temps de faire le point et comprendre enfin ce qui s’était passé après que nous ayons quitté la Nouvelle-Gordéa… un peu précipitamment dirons-nous.
Chapitre 5 : Maîtresse
Maîtresse est heureuse. Je le sais parce que j’ai le droit
de me lover contre elle. Je ronronne de plaisir. Elle me mord l’oreille. Elle
fait tout de même attention de ne pas me l’arracher.
Elle m’a cassé une jambe durant la Croix Enflammée. Cela faisait longtemps que ça n’était pas arrivé.
Nous étions trois familiers pour satisfaire Maîtresse au début de l’acte. Je suis la seule encore consciente. D’où je suis, j’aperçois l’un d’eux. Etendu au sol. Il respire bruyamment. Il a le visage boursoufflé et le nez brisé. L’autre est mort asphyxié par strangulation. Il n’a pas correctement repris son souffle lorsque Maîtresse l’a astreint à la position du Dévouement. Une faute de débutant. Je n’ai aucun respect pour ce genre de familier qui ne sait pas correctement servir Maîtresse.
Chapitre 4 : Dégommons du Golem
Cela faisait longtemps que je n’étais pas venu sur le site
de l’antique Tafamé. Le Berserk n’a pas bougé. Toujours aussi terrifiant. De
manière parfaitement honnête, j’arrive à comprendre pourquoi les gens en ont
peur. C’est une statue, certes, mais son réalisme est si prenant qu’il est
facile de croire qu’elle peut prendre vie à tout instant1.
Elle mesure exactement 13,856 mètres de haut2. Tout son corps, à
l’exception de sa tête, a été façonné de manière à ressembler au corps d’un homme3. Mais pas n’importe quel
homme. Nous sommes sur un corps d’une personne qui passe quarante heures à la
salle de musculation par semaine et dont le régime alimentaire est à base de
stéroïdes. Sa tête, quant à elle, ressemble à celle d’un canidé. Là encore,
quand je parle de canidé, je ne pense pas au chihuahua de mamie. Sa tête dégage
un mélange intéressant d’intelligence et de noblesse – que l’on associe très
souvent aux loups – ainsi que de folie
et de cruauté – plutôt relatives aux hyènes. Le tout est d’un brun clair de
terre séchée. La seule touche de couleur vient des deux énormes pierres peintes
en rouge sang au niveau de ses yeux. Le résultat est stupéfiant. Ney était un
sacré sculpteur.
Mais je ne suis pas là pour admirer la vue. Je suis là pour dégommer du Golem.
Poursuite
Otaries et Koalas
Chapitre 3 : Je suis Nayna
Maîtresse est très en colère. Elle a frappé plus fort et plus longtemps que d’habitude. Je ne sens plus mon dos. Je vois des étoiles danser devant mes yeux. J’ai glissé dans une de mes propres flaques de sang en marchant derrière Maîtresse. Elle rentre dans sa salle du trône et va s’asseoir sur son trône impérial. Tout en or et immense. Elle a fière allure assise ainsi.
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Alors c’est ainsi que tout finit, Rien de vraiment surprenant. Mais en quoi cela m’interdit, D’espérer qu’il en soit autrement ? Il ...
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Arrêt haletant Le souffle dans la brume Partir à nouveau
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Chers lecteurs, L'histoire que vous vous apprêtez à lire, je l'ai écrite il y a maintenant 10 ans. Fort de mon fol espoir de jeuness...