L’armée crynienne est en vue de la capitale. Nous n’avons
strictement rien pu faire. Nos défenses avaient été pourtant bien préparées. Mais
le Cryn les a réduite à néant, et ce à une vitesse vertigineuse. Un fil chauffé
à blanc dans une motte de beurre. Nous n’avons même pas réussi à montrer un
début de résistance.
Je vois deux raisons principales à notre cuisant échec.
La première est notre large infériorité numérique. L’armée
crynienne comprend au moins quatre fois plus de militaires de métier que nos
troupes. En même temps, comme tous les pays de l’Union, notre armée tient[1] plus de la police
municipale qu’autre chose.
La deuxième, c’est qu’on n’a rien vu venir. Je ne sais pas
comment ils se sont débrouillés mais aucun de nos dispositifs défensifs n’a
fonctionné correctement. Ils se sont déplacés sous nos radars, par un tour de
force que je n’explique pas. Nous les avons vus apparaître sur nos écrans alors
qu’ils étaient déjà beaucoup trop avancés dans nos plaines et, le temps de nous
retourner, ils avaient réduit en miette la plupart de nos régiments blindés.