Batrachotoxine
Petit blog tenu par une petite grenouille.
One-armed bandit
Quoi qu'il en coûte - Partie 1/3
Aurora Borealis
Journal - Entrée 14
Hier, lorsque j'ai ouvert ce journal, je me suis cantonné à exposer des faits. Je n'avais pas voulu "m'épancher", comme je le dis si bien. Aujourd'hui, j'ai envie de "m'épancher".
Il y aura sûrement une morale à tirer de mon histoire que je m'apprête à partager. Mais je vous laisserez décider de la teneur de celle-ci.
Vous me trouverez sûrement trop mou, trop naïf, pas assez volontaire. Je ne vous en voudrais pas si vous me jugez durement. Je le fais moi-même chaque matin.
En réalité, l'unique chose que je souhaite confesser dans ces pages, c'est que je n'ai jamais voulu de cette vie. J'étais le fils du Duc de la Marre. Ma tante n'avait pas de descendance. J'aurais simplement dû hériter des terres du duché et de la comté. En devenir l'administrateur.
Journal - Entrée 13
Mon père eut une longue vie. Mon oncle eut une longue vie. Et surtout, à mon grand désarroi, ma tante eut une très longue vie.
Ils moururent alors que déjà je vieillissais et, pendant tout ce temps, ils n'ont cessé de me contrôler. De tout contrôler, en réalité. Le Duc de la Marre et la Comtesse de la Vinaudière étaient bien trop retors pour que leurs semblables aient une quelconque chance face à eux.
A croire que Sophia avait tout préparé depuis ses douze ans. Le cours qu'a pris ma vie et la place que j'occupe aujourd'hui ne dois rien au hasard mais bien tout aux talents maudits de ma tante et, dans une moindre mesure, de mon père.
A vous, mon cher descendant lisant ces lignes, vous êtes peut-être le Roi ou la Reine d'un pays que j'espère prospère mais sachez que vous êtes issu d'un lignée d'usurpateur et que, dans un monde juste, vous n'auriez jamais dû accéder au pouvoir. Je ne m'épancherai pas sur la façon dont je suis devenu le prince consort du Royaume. Cependant, j'imagine qu'il est de mon devoir de combler le vide historique se situant entre le compte-rendu de mon oncle et aujourd'hui.
The Night is over
Journal - Entrée 12
Elle l'avait caché dans mes appartements de manière à ce que je le trouve. Je reconnais bien là une manigance de ma grande sœur. Et si elle l'a caché de manière à ce que je le trouve, c'est parce qu'elle veut que j'y écrive. J'imagine qu'elle souhaite que quelqu'un fasse passer à la postérité la destinée de notre fratrie. Et elle compte sur moi pour le faire parce qu'elle sait que ma piété m'impose la franchise. Et que je n’occulterai rien de ce que je sais.
Très bien, je relève le défi. Faisons alors cela dans l'ordre. Je suis Guillermo de la Marre, Archevêque de la Maison Royale, et je suis le frère aîné de l'actuel Duc de la Marre. En outre, ma fratrie se compose de mes deux aînés : mon frère Rinsen de la Marre, aujourd'hui décédé, et ma sœur Sophia, Comtesse de la Vinaudière.
Bien des choses se sont passées depuis que Sophia a pour la dernière fois écrit dans ce journal. Je tenterai donc de retracer fidèlement et sans détour ces vingt-deux dernière années mais je ne promet pas d'y arriver.
La course
Journal - Entrée 11
Mon père... Mon salopard de géniteur ! La catastrophe était beaucoup plus proche que je ne le pressentais. Il avait réussi à nous cacher notre manque de liquidités avec une adresse qui ne lui ressemble guère.
Mais il avait une solution pour nous éviter la banqueroute. Une brillante idée qu'il a dit !
Journal - Entrée 10
Je ne tiens pas rigueur à mon arrière-grand-père d'avoir préféré pérenniser un Duché de la Marre encore jeune plutôt qu'accomplir un quelconque fait d'armes. A dire vrai, je pense que c'était la meilleure chose à réaliser en son temps et il s'est attelé à la tâche qui lui incombait avec la rigueur et le sérieux qu'on attendait de lui. Je le sais, les livres de comptes sont encore disponibles dans la bibliothèque.
Cependant, je peux en vouloir un peu plus à mon grand-père de ne pas avoir su conserver cette dynamique de prospérité instillée par mon arrière-arrière-grand-oncle et mon arrière-grand-père. Sous son règne, le Duché a stagné.
Et je peux en vouloir encore plus à mon père de laisser ce Duché sombrer dans l'apathie qu'on lui connaît aujourd'hui.
Confondre grenouilles et bœufs
Il me regarda de haut en bas, d'un air qu'on aurait pu qualifier de dédaigneux s'il n'avait pas déjà été méprisant.
"Je pense que vous vous êtes trompé d'endroit monsieur.
Le problème est que je pensais qu'il avait parfaitement raison. Seulement, sa gueule de con me portait tellement sur le système que je me devais de lui répondre.
- Hum. Excusez-moi, mais nous sommes bien au 45 de la rue Montorgueil ?
- C'est exact.
- Et bien, mon amie m'a donné rendez-vous à cette adresse en disant que j'étais le bienvenu.
- Votre amie a pu se tromper d'adresse. Monsieur, voulez-vous bien vous en aller ? Vous êtes sur une propriété privée et je suis certain que vous n'y êtes pas le bienvenu.
Aucun mot plus haut que l'autre. Mais il arrivait tout de même à péter plus haut que son cul. Dernière tentative.
- Je vois sur le pupitre derrière vous que vous avez une liste des invités. Pouvez-vous simplement vérifier que mon nom n'y figure pas ? Si tel est le cas...
- Ce n'est pas la peine, monsieur. Je sais qu'il n'y figure pas.
Il m'avait coupé la parole le saligaud ! En d'autres lieux, je lui aurait fait manger une bonne mandale des familles. Mais ici, cela n'aurait servi qu'à rameuter des gorilles tout prêts à me refaire le portrait. Je soupirais un grand coup, je le remerciais (sarcastiquement) et je remontais l'allée de graviers en saisissant mon portable du fond de ma poche.
Journal - Entrée 9
Cracher en l'air
Journal - Entrée 8
Peuh ! Mon frere, un soldat ? Plutôt une lopete incapable de mourrir correctment pour sa patrie ! Il est meme pas mort au front se saligaud ! J'ai honte d'etre son jumeau ! il est la, a trainé dans le manoir dans son fauteuil roulant. ses jambe marche plu a se qu'il dit ! C'est du chiqué ! il a pas perdu ses jambe ! Elle son toujour la ! Si je n'été pas noble de coeur, je l'aurais foutu dehor cette incapable !
Mais non ! J'ai le devoir de le nourir pour le reste de sa vie.
Mais il n'aura plus jamais mon respect !
Journal - Entrée 7
Puisque ce journal semble voué à devenir le procès-verbal des différents membres de notre famille, je souhaite revenir sur les mots écrits dans ce journal par Lumilla, ma défunte mère.
Lumilla est morte en nous donnant naissance, à mon frère et moi. Elle n'attendait pas un enfant comme elle l'avait écrit, mais deux. Déjà que sa grossesse arriva alors qu'elle était relativement âgée, le fait de devoir donner naissance à des jumeaux lui fut fatal.
Lumilla, fille de l'Araignée, ma mère... De ce que j'ai pu comprendre, ma mère resta sa vie entière une enfant. Une petite fille simple et naïve ne montrant que peu d'intérêt à comprendre comment fonctionnait réellement le monde.
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Nous ne l'avions pas vu apparaître. Il n'y avait personne puis, au battement de cil suivant, il se tenait au milieu du sentier comme...
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Il me regarda de haut en bas, d'un air qu'on aurait pu qualifier de dédaigneux s'il n'avait pas déjà été méprisant. "Je...
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"Selon certaines croyances, les aurores boréales sont une manifestation des esprits de nos aïeux, qui viennent nous rendre visite... Pa...