One-armed bandit

Just wandering
Maybe rambling
A bit lurking
I am walking

I am walking
Am I drowning ? (x4)

And the streets are empty
There's only me

And the streets are empty
There's only me

And my thought
And my thought
And my thought

[Lalala]

Where do my feet let me go ?
Why am I in a damn casino ?

Where I can loose it,
Loose it all !

A bit playing
Some bet making
A bit cheating
Cards withdrawing

I like playing
I like drowning

Everyone are so bright
In this shrine

Everyone are so bright
In this shrine

Where did my money went ?
Bit panicking
A lot sweating
Strangely laughing
Pocket scouring

I am drowning (x4)

Let me play one more game ! 
Tables will turn, God I swear !
Let me play one more game !
Let me play one more game ! 

They kicked me out of here !

Just wandering
Maybe rambling
A bit lurking
I am walking

I am drowning (x2)

And streets are empty
And streets are empty
There's only me
There's only me
And the streets are empty


And my tought
And my thought
And my thought
...

Quoi qu'il en coûte - Partie 1/3

Nous ne l'avions pas vu apparaître. Il n'y avait personne puis, au battement de cil suivant, il se tenait au milieu du sentier comme s'il y avait toujours été.

"Et bien ? Pourquoi tant de hâte ? Où courez vous comme ça ?"

Et merde. Je fis signe à Minda et Lyn de s'arrêter. L'homme était vêtu de haillons pas franchement sales mais vraiment très usés. On devinait que ses vêtements avaient été noirs à une époque. Une époque depuis longtemps révolue. Il n'était pas très musclé. Il était d'un aspect plutôt banal et ne semblait porter aucune arme. Son attitude et le ton de sa voix se voulaient amical, même. Pour autant... il dégageait une aura qui ne trompait personne. Le qualifier de menaçant aurait été un bien bel euphémisme. S'il nous était apparu sur ce sentier, c'était pour se battre. Non. Pour tuer. Pour faire couler le sang. Notre sang.

Aurora Borealis

"Selon certaines croyances, les aurores boréales sont une manifestation des esprits de nos aïeux, qui viennent nous rendre visite...

Pause. Elle s'apprête à me confier quelque chose d'excessivement personnel. Ma main à couper.... Comment en étions-nous arrivés là déjà ? 

-... J'ai perdu ma mère lorsque j'avais sept ans. Elle est morte lentement, d'un cancer. Elle savait qu'elle allait mourir...

Je suis dans le cercle arctique avec cette fille que je ne connais que vaguement. Une pote d'une pote. Nous sommes définitivement seuls au monde. Le reste du groupe a préféré rentrer. Il est trois heures du matin, il fait -19°C. Nous sommes au milieu de nulle part. Ah, ça c'est sur qu'on n'est pas gêné par la pollution lumineuse, là ! 

-... Mais elle nous a aimé jusqu'au bout, ma sœur et moi, sans jamais s'apitoyer sur son sort...

Nous sommes dehors depuis dix heures du soir. Je me suis habillé en sachant qu'il allait faire froid et que nous allions rester statiques longtemps. Il n'empêche que je ne sens plus mes orteils.

-... Je ne me rappelle bizarrement pas grand-chose d'elle. J'ai l'impression que, ce je sais d'elle, je l'ai appris par les histoires que nous racontaient les adultes et les albums photos. Mais je me rappelle très précisément d'une chose...

J'écoute attentivement ce qu'elle me dit. Bien évidemment. Déballer des trucs comme ça et ne pas être écouté, ce serait horrible. Et il me reste une once d'humanité. Je me tais. Je reste immobile. Je ne tourne surtout pas mon regard vers elle. Ce serait briser la magie de ce moment. Nous sommes côte à côte, le nez levé vers le ciel. Et j'écoute.

-... Je me rappelle que presque tous les soirs nous lui demandions de nous raconter l'histoire du petit Inuit perdu sur la banquise. Ses ancêtres se manifestaient alors sous la forme d'aurores boréales et le guidaient vers sa maison. Et elle nous disait...

Je me rends bien compte, en écoutant son histoire, que voir des aurores boréales est pour elle le projet de toute une vie. Je me rends bien compte du piètre compagnon que je fais en ce moment si solennel pour elle. Peut-être aurait-elle voulu voir ses premières aurores boréales accompagnée de sa sœur ? Et elle doit se contenter de ma modeste personne... Je la plains sincèrement.

-... Qu'elle aussi serait une aurore boréale. Qu'elle reviendrait illuminer nos chemins.

Elle pose sa tête contre mon épaule. Nous sommes de tailles trop différentes pour qu'elle puisse la poser sur mon épaule. Je ne dis rien. Je ne bouge pas. J'ai senti des larmes dans ses dernières phrases. J'espère juste qu'elle...

- Et toi ? Qu'est-ce que ça t'évoque ?

Et merde. La question que je ne voulais pas. Je prends une grande inspiration. J'ai sincèrement peur de briser ce moment suspendu si je prends la parole. Mais je ne peux pas ignorer la question. Et je n'ai pas le droit de ne pas être sincère avec elle après ce qui vient de se passer.

- Quand j'étais au collège, genre sixième ou cinquième, nous avions du apprendre un poème en cours d'anglais...

Lorsqu'elle parlait, sa voix cristalline résonnait librement dans la nuit. Ses paroles épousaient les bruits nocturnes. Ma voix est rauque et terriblement pataude. Ce n'est pas naturel. Je ne suis pas à ma place dans cette forêt et tout autour de moi n'a de cesse de me le rappeler. Je m'agace moi-même de mon manque de finesse.

-... Je ne me rappelle ni du titre, ni de l'auteur. A vrai dire, je ne me rappelle que des deux premiers vers...

Et c'est à ce moment-là de mon histoire que je me dois citer des vers en anglais. Avec mon accent à la con. De pire en pire. Pourquoi ne m'a-t-elle pas encore demandé de me taire ?

- What is this life if full of care, 
We have no time to stand and stare ?

Silence. Silence gêné. Bordel. On est dans le fucking cercle arctique en train d'admirer des aurores boréales et je suis en train de niquer l'ambiance. Ça me donne envie de clamser.

- Voilà. Cela m'évoque simplement ces deux vers.

Pourquoi me suis-je sentis obligé de reprendre la parole ? Pour dire de pareilles platitudes en plus ! S'il vous plaît, faites qu'une crevasse s'ouvre dans la neige immédiatement et m'engloutisse pour toujours. Je... Hmpf ! Elle vient de s'accrocher à mon bras ! Elle se rapproche de moi autant que nos couches de vêtements le lui permettent.

- Je comprends.

Qu'est-ce qu'elle comprend quoi ? Je ne suis même pas certain qu'il y ait quelque chose à comprendre...

Mais le silence est retombé. Un silence apaisé cette fois. Je soupire. J'aimerais que ce moment dure encore un peu... 

Et, nos têtes levées vers le ciel, nous continuons à admirer les aurores.

Journal - Entrée 14

Hier, lorsque j'ai ouvert ce journal, je me suis cantonné à exposer des faits. Je n'avais pas voulu "m'épancher", comme je le dis si bien. Aujourd'hui, j'ai envie de "m'épancher".

Il y aura sûrement une morale à tirer de mon histoire que je m'apprête à partager. Mais je vous laisserez décider de la teneur de celle-ci.

Vous me trouverez sûrement trop mou, trop naïf, pas assez volontaire. Je ne vous en voudrais pas si vous me jugez durement. Je le fais moi-même chaque matin.

En réalité, l'unique chose que je souhaite confesser dans ces pages, c'est que je n'ai jamais voulu de cette vie. J'étais le fils du Duc de la Marre. Ma tante n'avait pas de descendance. J'aurais simplement dû hériter des terres du duché et de la comté. En devenir l'administrateur.

Journal - Entrée 13

Mon père eut une longue vie. Mon oncle eut une longue vie. Et surtout, à mon grand désarroi, ma tante eut une très longue vie.
Ils moururent alors que déjà je vieillissais et, pendant tout ce temps, ils n'ont cessé de me contrôler. De tout contrôler, en réalité. Le Duc de la Marre et la Comtesse de la Vinaudière étaient bien trop retors pour que leurs semblables aient une quelconque chance face à eux.

A croire que Sophia avait tout préparé depuis ses douze ans. Le cours qu'a pris ma vie et la place que j'occupe aujourd'hui ne dois rien au hasard mais bien tout aux talents maudits de ma tante et, dans une moindre mesure, de mon père.

A vous, mon cher descendant lisant ces lignes, vous êtes peut-être le Roi ou la Reine d'un pays que j'espère prospère mais sachez que vous êtes issu d'un lignée d'usurpateur et que, dans un monde juste, vous n'auriez jamais dû accéder au pouvoir. Je ne m'épancherai pas sur la façon dont je suis devenu le prince consort du Royaume. Cependant, j'imagine qu'il est de mon devoir de combler le vide historique se situant entre le compte-rendu de mon oncle et aujourd'hui.

The Night is over

The stars are fading 
And we're still alive ! 
The sun is rising
Fortune is on our side !

Don't get me wrong
We strived to see the light
We somehow survived
Night didn't get us down 
We're still able to fight

Do you feel 
This joy and melancholy ? 

No need to panic
It's only your heartbeat

We'll face the world together
There's no obstacles we can't get over 

You take a deep breath
This gonna be a lovely day
I take a deep breath
This gonna be your day

Shout out with me
That scream of joy and melancholy

Don't be afraid
Of what you kept in your chest

We'll face the world together
There's no obstacles we can't get over 

Bring it on !

There's no mountain too high to climb
Now that we fuckin' fly

Nothing can't stop us
Nothing will stop us

Cause we survived to the night

Journal - Entrée 12

Elle l'avait caché dans mes appartements de manière à ce que je le trouve. Je reconnais bien là une manigance de ma grande sœur. Et si elle l'a caché de manière à ce que je le trouve, c'est parce qu'elle veut que j'y écrive. J'imagine qu'elle souhaite que quelqu'un fasse passer à la postérité la destinée de notre fratrie. Et elle compte sur moi pour le faire parce qu'elle sait que ma piété m'impose la franchise. Et que je n’occulterai rien de ce que je sais.

Très bien, je relève le défi. Faisons alors cela dans l'ordre. Je suis Guillermo de la Marre, Archevêque de la Maison Royale, et je suis le frère aîné de l'actuel Duc de la Marre. En outre, ma fratrie se compose de mes deux aînés : mon frère Rinsen de la Marre, aujourd'hui décédé, et ma sœur Sophia, Comtesse de la Vinaudière.
Bien des choses se sont passées depuis que Sophia a pour la dernière fois écrit dans ce journal. Je tenterai donc de retracer fidèlement et sans détour ces vingt-deux dernière années mais je ne promet pas d'y arriver.

La course

Arrêt haletant
Le souffle dans la brume
Partir à nouveau

Journal - Entrée 11

Mon père... Mon salopard de géniteur ! La catastrophe était beaucoup plus proche que je ne le pressentais. Il avait réussi à nous cacher notre manque de liquidités avec une adresse qui ne lui ressemble guère. 

Mais il avait une solution pour nous éviter la banqueroute. Une brillante idée qu'il a dit !

Quel enfoiré.
 Je jure solennellement de lui faire payer sa traîtrise.

Vendre sa fille à peine sortie de l'enfance à un trou du cul de comte ayant trois fois son âge, il appelle ça une brillante idée ?
 
Ce comte... Grâce à son argent, le Duché survivra encore quelques hivers... Mais à quel prix ?
Ce satyre lubrique... Même pas encore parti de la maison familiale, il me pelote déjà ! Devant mon père et mes frères ! Qu'il ravale bien vite sa concupiscence... Ou il le regretta.

Journal - Entrée 10

Je ne tiens pas rigueur à mon arrière-grand-père d'avoir préféré pérenniser un Duché de la Marre encore jeune plutôt qu'accomplir un quelconque fait d'armes. A dire vrai, je pense que c'était la meilleure chose à réaliser en son temps et il s'est attelé à la tâche qui lui incombait avec la rigueur et le sérieux qu'on attendait de lui. Je le sais, les livres de comptes sont encore disponibles dans la bibliothèque.

Cependant, je peux en vouloir un peu plus à mon grand-père de ne pas avoir su conserver cette dynamique de prospérité instillée par mon arrière-arrière-grand-oncle et mon arrière-grand-père. Sous son règne, le Duché a stagné.
Et je peux en vouloir encore plus à mon père de laisser ce Duché sombrer dans l'apathie qu'on lui connaît aujourd'hui.

Confondre grenouilles et bœufs

Il me regarda de haut en bas, d'un air qu'on aurait pu qualifier de dédaigneux s'il n'avait pas déjà été méprisant.

"Je pense que vous vous êtes trompé d'endroit monsieur.

Le problème est que je pensais qu'il avait parfaitement raison. Seulement, sa gueule de con me portait tellement sur le système que je me devais de lui répondre.

- Hum. Excusez-moi, mais nous sommes bien au 45 de la rue Montorgueil ?

- C'est exact. 

- Et bien, mon amie m'a donné rendez-vous à cette adresse en disant que j'étais le bienvenu.

- Votre amie a pu se tromper d'adresse. Monsieur, voulez-vous bien vous en aller ? Vous êtes sur une propriété privée et je suis certain que vous n'y êtes pas le bienvenu. 

Aucun mot plus haut que l'autre. Mais il arrivait tout de même à péter plus haut que son cul. Dernière tentative.

- Je vois sur le pupitre derrière vous que vous avez une liste des invités. Pouvez-vous simplement vérifier que mon nom n'y figure pas ? Si tel est le cas... 

- Ce n'est pas la peine, monsieur. Je sais qu'il n'y figure pas. 

Il m'avait coupé la parole le saligaud ! En d'autres lieux, je lui aurait fait manger une bonne mandale des familles. Mais ici, cela n'aurait servi qu'à rameuter des gorilles tout prêts à me refaire le portrait. Je soupirais un grand coup, je le remerciais (sarcastiquement) et je remontais l'allée de graviers en saisissant mon portable du fond de ma poche.

Journal - Entrée 9

Mon oncle m'avait parlé à maintes reprises de ce cahier. Cahier que mon père a jalousement gardé en sa possession sa vie durant, ceci pour une raison qui m'aura toujours échappé.
Sachez, que ne dirais aucun mal de mon géniteur. C'était quelqu'un de bon. Mais force est de constater qu'il avait un côté très bourru, et que son éducation avait été un échec de bout-en-bout. 

Ceci ayant été dit, je me sens dans l'obligation de signaler que cela fait plus de cinquante ans que mon père est mort et que je suis en possession de cahier. Et c'est la première fois que je l'ouvre dans l'optique de noircir ses pages.

Je suis maintenant au crépuscule de ma vie. Je n'ai jamais trouvé le bon moment pour y écrire. A vrai dire, il ne s'est surtout rien passé au cours de mon existence qui vaille la peine d'être couché sur le papier. Mais si je veux laisser une trace dans ce cahier, c'est maintenant ou jamais.

Laissez-moi alors raconter ici les vies intriquées de mon père et de mon oncle qui, à bien des égards, méritent bien plus que la mienne d'être racontées.

Cracher en l'air

Il existe un meme se baladant sur les internets qui peut se résumer par la phrase suivante : 

Apparently "spite" is not an appropriate answer to "What motivates you ?" 

Ce qui pourrait se traduire, assez littéralement et de manière relativement pas trop fausse :

Apparemment "le dépit" n'est pas une réponse approprié à la question "Qu'est-ce qui vous motive ?"

Journal - Entrée 8

Peuh ! Mon frere, un soldat ? Plutôt une lopete incapable de mourrir correctment pour sa patrie ! Il est meme pas mort au front se saligaud ! J'ai honte d'etre son jumeau ! il est la, a trainé dans le manoir dans son fauteuil roulant. ses jambe marche plu a se qu'il dit ! C'est du chiqué ! il a pas perdu ses jambe ! Elle son toujour la ! Si je n'été pas noble de coeur, je l'aurais foutu dehor cette incapable !

Mais non ! J'ai le devoir de le nourir pour le reste de sa vie. 

Mais il n'aura plus jamais mon respect !

Journal - Entrée 7

Puisque ce journal semble voué à devenir le procès-verbal des différents membres de notre famille, je souhaite revenir sur les mots écrits dans ce journal par Lumilla, ma défunte mère.

Lumilla est morte en nous donnant naissance, à mon frère et moi. Elle n'attendait pas un enfant comme elle l'avait écrit, mais deux. Déjà que sa grossesse arriva alors qu'elle était relativement âgée, le fait de devoir donner naissance à des jumeaux lui fut fatal.

Lumilla, fille de l'Araignée, ma mère... De ce que j'ai pu comprendre, ma mère resta sa vie entière une enfant. Une petite fille simple et naïve ne montrant que peu d'intérêt à comprendre comment fonctionnait réellement le monde.